samedi, juin 07, 2008

TARZAN, LA RENCONTRE AU PARC DISNEYLAND: Entretien avec Vasile Sirli, Directeur de la Musique

Comme le soulignait la semaine dernière Christine Mellet, la musique a un rôle fondamental dans Tarzan, la Rencontre. C'est donc tout naturellement que nous nous sommes tournés vers le Maître, en la personne de Vasile Sirli, créateur de cette fabuleuse bande-spectacle aux côtés de Phil Collins et de toute l'équipe musicale du film, pour nous en dire plus.
Musique, Maestro!

Comment la production de la musique de Tarzan, la Rencontre a-t-elle été lancée?
A la sortie du film, il y a presque dix ans, l'idée a germé de produire des spectacles sur ce thème dans les différents parcs Disney. Disney's Animal Kingdom a imaginé un spectacle avec un orchestre rock live très dynamique. De mon côté, je me suis dit que, dans la mesure où notre spectacle à Disneyland Resort Paris pourrait durer plusieurs années, il serait délicat de maintenir toujours le même niveau de qualité musicale avec un orchestre live jouant plusieurs fois par jour sur une période assez longue. En fait, j'ai été vraiment ravi que Phil Collins interprète ses propres chansons dans cinq langues différentes, français, allemand, anglais, espagnol, italien. Quoi de plus européen que de conserver cela? C'était unique. Il n'avait jamais fait cela. J'ai donc proposé à Jay Smith, le Vice-Président Entertainment du parc à l'époque, de tenter d'avoir les bandes originales du film, de garder ainsi la voix de Phil Collins dans plusieurs langues et d'avoir ainsi la possibilité de réaliser une bande-spectacle enregistrée pour une production essentiellement basée sur la chorégraphie. A partir de là, j'ai fait une maquette à partir du cd du film, pour voir s'il était possible d'adapter les chansons pour notre spectacle, pour nos besoins scéniques spécifiques. L'extrait sur lequel j'ai plus particulièrement travaillé était Jungle Jazz (Trashin' the Camp) car c'était un morceau assez court que nous avons besoin de ralonger pour avoir le temps de rendre ce tableau plus interactif. J'ai fait cela sur mon ordinateur pour présenter notre projet à l'équipe américaine du film, le compositeur Mark Mancina et ses collaborateurs. Car mon idée était non-seulement d'obtenir le droit d'utiliser les bandes originales de Phil Collins, sa voix dans les différentes langues, mais en même temps de prolonger la production du film en faisant appel aux talents de la même équipe, mêmes orchestrateurs, mêmes arrangeurs, même orchestre, même chef d'orchestre, même ingénieur du son, afin d'avoir la même couleur et de ne pas sentir la différence entre la bande originale et son expansion pour nos besoins chorégraphiques.

Comment s'est passée la rencontre avec l'équipe du film?
Déjà, j'ai pris rendez-vous avec Chris Montan, le vice-président de la musique de Disney et producteur de la musique de Tarzan. Il a écouté ma maquette et a été séduit par l'idée. Il a immédiatement organisé un rendez-vous avec Mark Mancina à Los Angeles. Je me suis donc rendu à son studio. Je lui ai également fait entendre ma maquette et quelques minutes plus tard, nous avions l'accord d'utiliser les bandes originales du film pour notre spectacle! J'ai des souvenirs absolument magnifiques de cette collaboration car tout s'est passé simplement et avec beaucoup d'énergie et d'enthousiasme. C'était inattendu car c'était la première fois dans l'histoire des parcs Disney que nous collaborons ainsi avec les Studios en utilisant ce type d'enregistrement original, tiré du film. Nous avons donc enregistré à Los Angeles avec exactement la même équipe que le film: le chef d'orchestre Don Harper, l'ingénieur du son Frank Wolf, qui travaille sur tous les grands films. Même les copistes étaient les mêmes! Tout cela pour garder la couleur exacte du film. Puis nous avons ramené les bandes à Paris pour réaliser notre propre mixage grâce à Michael Obst ici au Studio, adapté à notre matériel et à Chapparal Theater. Le résultat a été très bien accueilli, tant par le public que par le compositeur Phil Collins. Ce fut le début d'une véritable amitié professionnelle. Nous sommes restés en contact et nous avons par exemple retravaillé avec Don Harper pour La Légende du Roi Lion à Vidéopolis.

Mark Mancina est connu pour son impressionnante collection d'instrument. J'imagine que vous avez dû la voir dans son studio à Los Angeles!
Quand on entre dans son studio, on est entouré par d'innombrables instruments, percussions et instruments à cordes. C'est comme une sorte de caverne d'Ali Baba dans laquelle la plus haute technologie cohabite avec toutes sortes d'instruments traditionnels venus des quatre coins du monde. On a l'impression que, si l'on est inspiré par quelque chose, il suffit de prendre un instrument et de se mettre à jouer. Les micros et les machines à enregistrer sont là. Tout est prêt pour créer. C'est un environnement de travail absolument merveilleux! Ce sont tous ces mélanges d'instruments, réalisés avec une très grande finesse, que l'on retrouve tout à la fois dans la musique du film et dans celle de notre spectacle.


Comment l'ensemble du spectacle a-t-il été conçu?
C'est un spectacle fidèle au film sans être le film. En regardant le spectacle, certains d'ailleurs s'y laissent prendre et pensent qu'il s'agit tout simplement d'une transposition du film sur scène, mais ce n'est pas du tout cela. C'est une version scénique de la musique du film. A tel point que je peux vous dire que Phil Collins est venu voir Tarzan, la Rencontre plusieurs fois et qu'il a été tellement enthousiasmé que cela l'a inspiré pour écrire la comédie musicale de Broadway tirée du film. En fait, notre spectacle a été écrit par le metteur en scène et chorégraphe Reed Jones, qui avait auparavant participé à Tarzan Rocks! à Disney's Animal Kingdom et a apporté un peu de cette énergie à Chapparal Theater, et qui est actuellement directeur créatif à Walt Disney World. Nous avons travaillé ensemble en partant de la structure de base du film. Ceci dit, Reed Jones savait exactement ce qu'il voulait avoir sur scène en fonction des possibilités et de la taille de notre scène et du timing propre au spectacle vivant. Il a pu donc me dire très exactement ce qu'il désirait en termes de transitions et de développements. Pour ce faire, j'ai collaboré avec Don Harper pour faire en sorte que toutes les articulations dramatiques proposées par Reed Jones soient, du point de vue musical, complètement intégrées dans la bande originale. Ce fut un travail d'une minutie extrême car nous avons travaillé à la mesure près et dans une totale continuité avec le travail de Phil Collins et de Mark Mancina pour nous adapter à la réalité de la scène et du jeu et des mouvements des artistes. Ce fut un travail complexe, mais vraiment réjouissant!


Avec tous nos remerciements à Vasile Sirli, Aurélie et Nathalie!

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