mardi, novembre 06, 2007

BIENVENUE CHEZ LES ROBINSON : Entretien avec le réalisateur Steve Anderson (1e partie)

Dans la famille Robinson, je voudrais.... le réalisateur.


-Steve Anderson?

-Bonne pioche!

Pour parachever notre exploration de ce film pas comme les autres, Media Magic a choisi de finir en beauté avec son réalisateur, Steve Anderson, pour un entretien des plus détaillés sur les principaux aspects, à la fois techniques et humains, de Bienvenue chez les Robinson.
Un événement que nous sommes heureux de vous faire partager!

Comment en êtes-vous venu à l’animation Disney ?
J’ai toujours été intéressé par l’animation, le dessin, le cinéma et l’écriture pour le cinéma. De ce fait, j’ai été tout à fait enthousiasmé quand j’ai entendu parler du California Institute of the Arts, une école californienne considérée comme la Mecque en matière d’enseignement de l’art de l’animation. C’est vraiment là où il faut aller pour apprendre le métier. J’y ai donc passé trois ans en travaillant en même temps ici et là durant ma troisième année. Ensuite, j’ai été engagé par le studio Hyperion Animation au sein duquel j’ai occupé plusieurs fonctions : animation, storyboard et réalisation pour la télévision. En 1995, je suis arrivé chez Disney pour travailler au département Histoire sur Tarzan. Raconter des histoires : c’est vraiment ce qui me passionne et je me suis dit que ce département chez Disney était le lieu idéal pour apprendre l’art et la manière de créer et de mettre en scène un récit. J’estime que j’ai eu beaucoup de chance d’arriver jusque là. Puis, de story artist sur Tarzan, je suis passé responsable de l’histoire sur Kuzco, L’Empereur Mégalo et sur Frère des Ours avant d’arriver sur le projet « Meet the Robinsons ».


Quelles sont les scènes que vous avez créées pour Tarzan ?
J’ai fait une séquence-clef du début du premier acte, celle où Tarzan est déprimé, qu’il se met de la boue sur le visage pour montrer qu’il se sent rejeté par les gorilles, qu’il aimerait faire davantage partie du groupe et que sa maman essaie de le réconforter en lui disant que ce n’est pas l’extérieur qui compte, mais l’intérieur, et que sa famille est en lui. J’ai donc storyboardé ce passage, ainsi qu’un certain nombre d’autres passages impliquant les humains dans l’acte 2, principalement Jane Porter et Clayton. Plus précisément, l’un de ces moments est celui où Jane vient de voir Tarzan pour la première fois et qu’elle dessine sa silhouette au tableau noir en racontant son histoire à son père. C’est là que Tarzan surgit et que les deux autres humains le rencontrent pour la première fois. J’ai passé trois ans sur ce film et j’ai travaillé sur l’ensemble de l’histoire, mais ce sont les deux passages qui me reviennent immédiatement à l’esprit quand je pense à ce film.


Avez-vous participé à la version originale de Kuzco, l’Empereur Mégalo, Kingdom in the Sun ?
C’est amusant car je suis arrivé sur ce projet juste après Tarzan, peu de temps avant la projection de la première version de l’histoire sur grand écran. C’était précisément la projection lors de laquelle le concept de Kingdom in the Sun a été abandonné et que les bases de Kuzco, l’Empereur Mégalo ont été posées. En bref, j’ai travaillé pendant trois semaines environ sur la première version avant de passer superviseur de l’histoire sur Kuzco.


De la même façon, on se souvient que l’histoire de Frère des Ours a commencé par suivre des directions très différentes. Comment cela s’est-il passé pour vous ?
Pour moi, la situation sur Frère des Ours fut très différente de celle de Tarzan et de Kuzco, l’Empereur Mégalo dans la mesure où je suis arrivé très tôt sur chacun de ces deux films et que j’ai ainsi pu aider leurs créateurs et leurs réalisateurs à donner forme à l’histoire qu’ils allaient raconter. Sur Frère des Ours, je crois bien qu’ils avaient déjà passé deux ans sur l’histoire avant que j’arrive. Sur un total de quatre ans, j’ai donc participé à peu près à la moitié. Quand je suis arrivé, l’équipe créative se connaissait déjà bien et avait sa propre dynamique. J’ai donc eu d’abord à apprendre à connaître très vite les personnalités en présence et leur façon de fonctionner afin de pouvoir m’intégrer. A partir de là, je me suis plongé dans l’histoire et j’ai essayé de définir avec les réalisateurs le sens véritable de cette histoire. Ce que j’ai fait le plus en fait, c’est poser des questions. Je demandais constamment aux réalisateurs sur le sens de leur film, les thèmes traités, les différentes personnalités des personnages. Je pense qu’il y avait certaines questions qu’ils ne s’étaient pas encore posées à ce stade, ou qui ne leur avaient pas été posées, et j’ai simplement essayé de faire surgir certaines problématiques. Le rôle d’un superviseur de l’histoire n’est pas de débarquer et de diriger l’histoire. Le réalisateur est le véritable metteur en scène et créateur de l’histoire. Le rôle du superviseur de l’histoire consiste plutôt à aider le réalisateur à porter son histoire à l’écran et à collaborer avec les réalisateurs, les producteurs et l’équipe créatrice de l’histoire pour faire en sorte que cela puisse se faire dans les meilleures conditions. En tout cas, c’est ainsi que je voyais mon rôle sur ce film.


A Cal Arts, c’est bien le cours d’animation « Character Animation Program» que vous avez suivi ?
Exactement, de 1988 à 1991 si je me souviens bien.

J’imagine donc que ce cours centré sur les personnages a été déterminant dans votre approche de l’histoire.
Absolument. Les personnages constituent le matériau de base que nous, conteurs, avons à faire se rencontrer avec le public. C’est ce qui va faire entrer les gens dans notre histoire. Ce ne sera pas l’ampleur du film ou les effets spéciaux ou la direction artistique –même si ce sont tous des éléments fondamentaux d’un film, qui participent grandement à l’histoire- qui toucheront les gens le plus. Une bonne histoire, ce sont avant tout des personnages. Si ces derniers ne sont pas clairs, si les personnalités ne sont pas attachantes ou si leur façon d’agir n’est pas assez lisible –tout particulièrement en animation, où la performance est déterminante dans la mesure où, à la différence de vrais acteurs, elle est créée de A à Z- bref, si ces personnages ne sont pas riches, émouvants et amusants, vous n’aurez pas de public, personne ne voudra entendre votre histoire. Par conséquent, la conception des personnages est le talent numéro 1, à 150%, que toute personne qui veut faire de l’animation et de l’histoire doit avoir.


Comment avez-vous eu vent du projet « Meet the Robinsons » ?
C’était juste après Frère des Ours. Avant de commencer sur ce film, j’avais dit au Studio que j’aurais été intéressé par la mise en scène. Ils étaient donc au courant de ce désir et avaient dans leurs tiroirs ce scénario qui s’appelait à l’époque A Day With Wilbur Robinson qu’ils avaient développé pendant que je travaillais à Frère des Ours. Je n’ai donc pas fait partie du développement du script. C’était deux exécutifs et un auteur. Vers la fin de 2002, ils sont venus me voir pour me dire qu’ils avaient ce script qu’ils aimaient beaucoup. Ils me l’ont donné pour voir s’il y avait quelque chose d’intéressant à en tirer en matière d’animation et éventuellement de mise en scène si le film se faisait. Je l’ai donc lu avec enthousiasme car c’était une chance unique pour moi. Quand j’ai lu ce scénario, j’ai été frappé par la coïncidence avec le fait qu’il parlait d’un orphelin qui cherche à se faire adopter et qui en même temps se pose des questions sur son passé et sur sa mère biologique. D’où venait-il ? Qui était sa véritable mère ? Pourquoi l’avait-elle abandonné ? Ce genre de questions. J’ai moi-même été adopté étant bébé ce qui faisait que, bien que nos situations étaient différentes (puisque je n’ai pas été élevé dans un orphelinat comme Lewis), je savais exactement ce qui se passait dans la tête de ce jeune garçon. Je comprenais son questionnement du passé à propos de ses origines. Je comprenais tout cela et immédiatement j’ai su comment raconter cette histoire. Dans la mesure où je comprenais ce garçon, que je connaissais ses pensées et ses émotions, je pouvais faire ce film. J’ai donc répondu immédiatement au Studio que j’étais d’accord. A partir de là, je n’ai plus pu enlever cette histoire de mes pensées. C’était la mienne. Tout cela faisait comme des étincelles passionnées dans ma tête !

La première intention de Disney par rapport au livre de William Joyce avait été d’en faire une adaptation en prises de vue réelles.
En effet, je crois que le livre original est sorti en 1991 et j’ai toujours entendu dire que le Studio avait acquis les droits à cette même époque et en préparait une version en prises de vue réelles dans les deux ans. Pour une raison qui m’est inconnue, cela ne s’est jamais fait et on n’a jamais rien tourné. C’est ainsi que le projet a atterri dans le département animation et je me souviens en avoir vu quelques allusions dans ce cadre avant d’en avoir le script en main. Cela faisait donc plusieurs années que le projet trainait sur les étagères de Walt Disney Feature Animation, lancé puis stoppé puis relancé puis restoppé. Je pense que cela vient du fait qu’ils n’arrivaient pas à l’adapter correctement, à en faire une histoire qui tienne la route sur grand écran. Ceci dit, le script que j’avais en main proposait déjà quelques idées nouvelles et intéressantes comme le voyage dans le temps et l’idée que le héros pourrait être un orphelin, ces ingrédients qui nous ont vraiment permis de donner corps à cette histoire et de lui apporter quelque chose d’unique. Et c’est précisément ce qui m’a séduit dans ce scénario.


De nos jours, pratiquement tout est possible en prises de vue réelles. Quel potentiel en matière d’animation avez-vous vu dans ce scénario ?
A l’évidence, quand vous lisez le livre de William Joyce avec ses illustrations, que vous voyez cette famille, les Robinson, avec ces personnages plus vrais que nature et leur personnalité unique, vous ne pouvez que songer à de l’animation. Prenez Oncle Art, habillé comme un spationaute dans sa soucoupe volante, ou encore Oncle Gaston, qui fait des combats de boulettes de viande pendant le dîner, ou encore cette pieuvre géante qui vous ouvre la porte quand on sonne. Autant d’idées incroyables que Bill Joyce a mis dans son livre pour faire de ses personnages de véritables personnalités avec des traits de caractère très marqués. Ils ont des personnalités extrêmes, ils sont excentriques et pour moi cela constituait un matériel idéal pour l’animation. C’est le genre de personnages que, lorsqu’on fait de l’animation, on a envie d’animer. En prises de vue réelles, ce ne seraient que des gens dans des costumes, ils seraient tout juste intéressants. Rien à voir avec les possibilités de l’animation.

Bienvenue chez les Robinson sonne donc votre première incursion dans le monde de la mise en scène. Qu’avez-vous retenu de cette expérience, d’abord sur le plan technique ?
Sur le plan technique, le plus grand challenge a été pour moi de donner vie à tous ces personnages humains. Nous nous interrogions sans cesse sur l’animation, sur le rendu des personnages, les textures de peau, les chevelures, toutes ces choses. Nous nous sommes également interrogés sans cesse sur le bon équilibre à avoir dans le traitement de nos personnages. S’ils étaient trop « cartoon », nous perdions leur crédibilité ainsi que la possibilité de susciter une émotion réelle. Mais nous pouvions aller trop loin dans l’autre sens : si nous les traitions de façon trop réaliste, nous risquions de les rendre sur-réalistes, et au bout d’un certain temps, robotiques, un peu comme des marionnettes sans émotion, mais certainement pas comme de véritables êtres de chair et de sang. Nous tenions absolument à trouver le bon équilibre entre « cartoon » et réalisme. Au final, nous avons bien un langage corporel clair, un sens de la caricature non réaliste, mais en même temps, les textures de peau paraissent réelles, on sent les muscles et les os dans leur design, la texture des cheveux donne l’impression de vrais cheveux. Tout cela rend nos personnages crédibles, tout en proposant une caricature dans les mouvements et le design qui vous empêche de plonger dans une réalité trop littérale.

Et que vous reste-t-il de cette expérience du point de vue humain ?
Pour moi, le challenge de cette réalisation a été d’apprendre la même chose que Lewis : « aller de l’avant » (« keep moving forward »). Par nature, j’aime tout planifier. Avant de prendre la moindre décision, je planifie tout pour bien peser le pour et le contre. Mais sur ce film, je n’ai pas eu ce luxe. Nous étions constamment pressés par le temps. De très nombreuses fois, j’ai eu à franchir le pas, à agir sans perdre de temps. Je ne pouvais pas me permettre de prendre une pause et de réfléchir à loisir à toutes les possibilités. Cette situation m’a conduit en fait à dépasser ma peur d’échouer. Comme le film l’explique, ma manie de tout planifier était en fait le résultat de ma peur de la mauvaise décision et finalement de l’échec. Je pensais qu’en prévoyant tout depuis le début, je ne pouvais pas trébucher. Mais c’est impossible. Il n’existe aucun moyen d’éviter l’échec. Il faut simplement faire avec. Il faut vous dire que ce sont des choses qui arrivent et qu’il n’existe aucun moyen pour les contrôler. Il faut simplement affronter cela et l’assumer. La bonne nouvelle, c’est que je disposais d’une équipe extraordinaire de cinéastes autour de moi et qui pouvaient me rattraper si je tombais. J’ai donc appris à laisser faire et à créer, lancer des idées dans l’instant sans me demander si c’est ou pas la bonne décision et sans me poser toutes ces questions qui vous empêche d’aller de l’avant.

Vous avez évoqué les difficultés d’animer des êtres humains en animation par ordinateur. Est-ce que les expériences réalisées en la matière par d’autres studios comme Les Indestructibles de Pixar vous ont inspiré ?
Oui. Avant que Les Indestructibles ne sorte, je doutais vraiment que nous puissions réussir dans ce domaine parce que jusqu’alors, les humains que j’avais vus en animation par ordinateur touchaient aux extrêmes que j’évoquais tout à l’heure : soit trop « cartoon », soit trop réalistes. Rien ne me semblait trouver le juste équilibre entre les deux nécessaire au traitement d’une histoire long-métrage comme celle que nous voulions raconter. J’étais donc très sceptique que cela fût possible sur ordinateur. Il me semblait que nous entreprenions quelque chose qui n’était possible qu’en animation traditionnelle, qui seule permettait ce niveau de caricature que nous recherchions. Mais Les Indestructibles nous ont finalement convaincus que cela était possible. On y trouve des humains crédibles, qui ont du poids, une masse musculaire, des os, une structure osseuse. Vous sentez vraiment qu’il s’agit d’êtres humains, qu’ils ont une véritable anatomie, mais en même temps ils ont un style. Leur langage corporel est outré et on y trouve un sens très clair et très précis de la caricature. Ce fut d’une grande inspiration pour nous et cela nous a aidés à réaliser que c’était possible.

Comment avez-vous constitué votre équipe d’animation ?
Ce fut assez simple dans la mesure où nous avions à notre disposition des animateurs et des superviseurs de l’animation tout à fait talentueux. Certains d’entre eux ont d’ailleurs déjà supervisé des personnages numériques sur Chicken Little. Ils ont déjà été dans cette situation et ont pu exercer à la fois leurs talents de superviseurs et leurs talents de chef d’équipe afin de mener à bien ce travail. Cela m’a semblé être le bon choix. Nous avons vraiment de la chance d’avoir des artistes de ce niveau chez Disney. Ce fut très intéressant, par exemple, de suivre Nick Ranieri dans cette expérience. Ce qui m’a intéressé chez lui, c’est le fait que, si on lui avait demandé quel personnage de Bienvenue chez les Robinson il aurait aimé animer, il n’aurait pas choisi Lewis, il aurait choisi l’Homme au Chapeau Melon car il est plus dans la lignée des personnages qu’il a fait jusque là comme Hadès et Kuzco. Il préfère en général les méchants, ou tout au moins des personnages à la fois comiques et cyniques. Nous nous sommes dits que ce serait intéressant d’aller à contre courant et de lui proposer d’animer un personnage très raisonnable avec une dimension plus émotionnelle et de voir ce qui allait sortir de tout cela. De le laisser explorer les différents côtés de son personnage en tant qu’animateur. Et je dois dire que j’ai été on ne peut plus ravi du résultat. Nick m’a bluffé chaque jour avec son talent à mener une équipe et à animer lui-même ce personnage. Il a parfaitement compris cet équilibre que je recherchais ; il a compris que son personnage était le cœur disneyen, le cœur émotionnel du film. Il est donc resté très raisonnable tant dans la caricature que dans le réalisme. L’Homme au Chapeau Melon et les Robinson avaient besoin, eux, d’être animés de façon extrême. Mais pour Lewis, Nick n’a jamais essayé d’en faire plus que le nécessaire.

Pour certains animateurs, ce fut une première de travailler sur ordinateur.
Beaucoup de gens ont beaucoup appris durant ce film, et notamment, en effet, un certain nombre d’artistes qui avaient fait leurs preuves en animation traditionnelle et qui n’avaient jamais travaillé sur ce genre de film auparavant. Mais au final ce fut un mélange très intéressant de personnes et d’expériences différentes qui ont formé une équipe unique. Outre des animateurs traditionnels, nous avions aussi des animateurs sur ordinateur, mais qui n’avaient animé que des effets spéciaux ou des créatures comme des dinosaures. Il a fallu leur apprendre ce que c’est qu’animer un personnage à part entière. Ils ont ainsi compris que l’animation, c’est une question de personnalité et de jeu d’acteur. Comme vous le voyez, les expériences présentes sur ce film étaient très différentes, et cela fait partie de son intérêt. Pour arriver à ce résultat, nous avons donc pris tous ces artistes et nous les avons formés. Nous avons étudié différents moment dans l’histoire de l’animation, traditionnelle et par ordinateur, nous avons décortiqués certaines scènes de classiques comme des dessins-animés de Chuck Jones pour Looney Tunes en disant : « ce type d’animation irait bien à tel ou tel personnage. » Nous avons fait beaucoup de choses ensemble, en tant que groupe, et tout le monde a cru très fort dans ce projet et s’est investi pour donner vie à ces personnages. Ils se sont serrés les coudes et l’ont fait. Ce fut une fantastique expérience que de travailler avec une pareille équipe, un groupe d’acteurs de premier ordre.

Quel fut le rôle de William Joyce, l’auteur du livre original, dans ce processus ?
Je dois dire que j’ai passé des moments fantastiques avec Bill. Il s’est révélé être le contraire de ce à quoi je m’attendais. La première fois que j’ai eu à le rencontrer, j’étais très intimidé car je me disais : « ok, Don Hall, l’équipe créatrice de l’histoire et moi-même avons imaginé une adaptation de son livre à partir d’un scénario sans que l’auteur original intervienne d’une façon ou d’une autre. Nous avons travaillé de façon complètement indépendante de lui et avons imaginé notre propre histoire pour ses personnages. Aujourd’hui, il va voir pour la première fois ce que nous avons fait de ses personnages et du monde qu’il a créé. Je ne connais pas cet homme et à l’évidence c’est un géant dans le monde de la littérature enfantine, il a beaucoup de succès, énormément de gens ont lu ses livres et c’est un illustrateur hors pair. Que va-t-il se passer ? Cela peut être un désastre, il peut exploser et nous détester. » J’étais dans l’incertitude totale. Et ce qui fut formidable avec lui, c’est que, lorsque nous nous sommes rencontrés, il s’est montré extrêmement doux et gentil. Nous avons discuté pendant une heure environ avant qu’il ne voie la première version du film. Nous en avons rediscuté ensuite avec lui lors d’un dîner après la projection et il nous a dit qu’il adorait ce que nous avions fait ! Nous avons parlé des choses qu’il aimait dans le film et de manières de l’améliorer encore. Il m’a révélé qu’il a eu lui-même l’idée de faire un film à partir de A Day With Wilbur Robinson et il a partagé avec nous quelques idées qu’il avait eues pour ce film. A partir de là, il est devenu un collaborateur d’exception. Du point de vue de l’histoire, il est venu à toutes nos projections et nous a donné son avis et ses idées. Et du point de vue du design, nous avons échangé beaucoup de dessins. Quand notre designer avait fini une esquisse, il la lui envoyait par email. William la corrigeait, nous la renvoyait et vice-versa. Il nous envoyait ses propres dessins et nous les traitions à notre façon avant de les lui renvoyer pour avoir son avis. Ce fut une fantastique collaboration. Il a été très présent dans le processus pour faire le meilleur film possible. Il faut dire qu’il adore son livre. C’est l’un de ses préférés et il voulait lui rendre justice à travers ce film. Collaboration : c’est bien le mot et ce fut un formidable collaborateur !



La suite très bientôt!...

Merci à Travis Beckner et Floriane Mathieu!

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