lundi, octobre 29, 2007

BIENVENUE CHEZ LES ROBINSON : Entretien avec le responsable de l'histoire, Don Hall

Dans la famille Robinson, je voudrais le responsable de l'histoire (head of story).

-Don Hall?

-Bonne pioche!

Suite de notre voyage dans le passé et le présent de ce très beau film d'animation qu'est Bienvenue chez les Robinson entre rires et émotion avec un véritable conteur qui, de Tarzan à Kuzco, l'Empereur Mégalo, a mis toute sa créativité au service de Disney. Et ce n'est pas fini...

Avant tout, je voudrais vous remercier pour l'émotion qui se dégage de votre film. On parle beaucoup d'humour, mais je crois que c'est aussi une part très importante de cette très jolie production.
Merci beaucoup. Nous avons eu beaucoup de plaisir à travailler à ce film. En ce qui concerne le rapport entre émotion et comédie, je dirai que la comédie fonctionne grâce à l'émotion. Dans la mesure où vous vous attachez à ces personnages, vous êtes libre de rire. Par conséquent, oui, la comédie a son importance, mais pour nous, c'est l'émotion qui est venue en premier. Nous avons été les premiers à être touchés par ce film et je suis ravi que vous partagiez ce sentiment.

Quel a été votre parcours avant Bienvenue chez les Robinson?

Je viens de l'Iowa, une région rurale au coeur de l'Amérique, très loin de la Californie. Enfant, je rêvais déjà de travailler chez Disney. Je suis allé à l'université de l'Iowa où j'ai étudié le dessin et la peinture avant de rejoindre le California Institute of the Arts, Cal Arts, où j'ai suivi le cours de "Character Animation" pendant trois ans. Dans mon Iowa natal, je me sentais très seul à vouloir faire de l'animation, je ne pouvais en parler à personne, cela n'intéressait pas. En arrivant à Cal Arts, nous étions 200 à partager la même passion et j'ai passé les deux premières semaines à m'émerveiller. J'étais là pendant le tremblement de terre de Northridge, qui a beaucoup endommagé l'école, et nous avons tous été évacués vers une base militaire où l'on testait des armes top secret. C'était assez amusant de voir tous ces artistes dans ce cadre! A Cal Arts, j'ai pu rencontrer beaucoup d'artistes qui ont ensuite intégré Disney, comme Joe Moshier, le character designer de Bienvenue chez les Robinson, et après mon diplôme, j'ai moi aussi été recruté par Disney en tant que "story apprentice" sur Tarzan.

Comment s'est passé cet apprentissage sur Tarzan?
En fait, en tant qu'apprenti, on n'attend pas grand'chose de vous car vous n'avez pas vraiment d'expérience. Vous suivez tout ce qui se passe, assistez aux mêmes réunions que les maîtres et on vous assigne un mentor. Dans ce cadre, vous faites quand même de petites choses. J'ai ainsi storyboardé la séquence dans laquelle Kerchak trouve Sabor, mais c'est une goutte d'eau par rapport à ce que d'autres story artists ont fait. Il n'empêche que je suis fier de ce que j'ai fait pour le film et du résultat final, et cela m'a permis de rencontrer Steve Anderson. On a fait appel à lui pour faire du storyboarding sur Tarzan, le courant est tout de suite passé entre nous et nous sommes vite devenus amis.

Sur quoi avez-vous travaillé ensuite?
J'ai travaillé sur Kingdom in the Sun. J'ai fait des storyboards pendant un an environ, puis j'ai eu l'opportunité d'aller travailler pour un autre studio. Là bas, je me suis rendu compte que ce n'était pas très intéressant et que ce qui m'intéressait, c'était vraiment de travailler pour Disney. Je suis donc retourné chez eux pour retrouver Steve sur Kuzco, l'Empereur Mégalo. Nous avons passé de très bons moments à faire ce film, et ce en peu de temps. Tout a été fait en deux ans.

Comment avez-vous vécu le passage de Kingdom in the Sun à Kuzco?
Je pense que ce fut plus facile pour moi dans la mesure où je suis parti entre temps. C'était une période assez tumultueuse et j'ai préféré prendre mes distances. Quand je suis revenu, je suis naturellement parti sur autre chose. J'imagine que ce ne fut pas forcément le cas pour les personnes qui sont passées directement d'une version à une autre. Mais en même temps, d'une certaine façon, je pense que cette nouvelle approche a été libératrice pour eux. Il fallait maintenant simplement faire une comédie, pas plus.

C'est alors que vos chemins se séparent d'avec Steve Anderson.
Steve est parti en Floride pour travailler sur Frère des Ours tandis que je suis resté ici à Los Angeles pour continuer à travailler avec Mark Dindal, plus exactement après avoir participé à différents projets avortés. J'ai donc rejoint l'équipe des auteurs de Chicken Little au début du développement de l'histoire. J'y ai passé entre un an et demi et deux ans.
Y a-t-il des séquences sur lesquelles vous avez travaillé que l'on retrouve dans le film?
Pas nécessairement. Quand j'ai quitté Chicken Little, ils recommençaient de zéro! C'était à l'époque du départ de Tom Schumacher et de l'arrivée de David Stanton, l'époque où j'ai rejoint l'équipe de Bienvenue chez les Robinson. J'ai bien été crédité sur Chicken Little, mais je ne le mérite pas vraiment car il n'y a pratiquement plus rien de mon travail dans le film définitif si ce n'est, je crois, le nom de son village, Oaky Oaks. C'était à l'époque où Chicken Little était encore une fille!

Venons-en maintenant à Bienvenue chez les Robinson. Il semble que vous ayez une tendresse particulièrement pour ce film, dans lequel on retrouve bon nombre d'éléments authentiquement disneyens.
Comme je l'ai dit, pour moi, c'est un film qui a vraiment du coeur. Et autour de toute cette émotion, on trouve des personnages et des situations pour le moins... bizarres. Mais tout cela est lié par l'émotion. J'adore le dinosaure, j'adore la ville du futur. Et par dessus tout, j'adore la relation entre Wilbur et Lewis et la quête de Lewis pour retrouver sa mère. Pour moi, c'est ce qui fait l'ossature du film, et une ossature digne des classiques Disney.

Qu'est-ce qui, selon vous, rend ce film vraiment unique?
En réfléchissant à cette histoire, nous avons listé les choses étranges qu'on allait y rencontrer. Il devait y avoir un dinosaure dans le futur, des voyages dans le temps, toutes sortes d'élements empruntés à l'univers de William Joyce, des grenouilles chantantes, un grand-père qui porte ses vêtements à l'envers et qui passe son temps à rechercher son dentier et surtout ce méchant unique en son genre. J'ai toujours adoré l'homme au chapeau melon et l'idée a germé que ce pourrait être Mickey Goobian, j'ai vraiment craqué pour ce personnage. Le futur de Doris est aussi extraordinaire. Tout cela fait que Bienvenue chez les Robinson est une expérience cinématographique unique.

La manière de créer l'histoire de Bienvenue chez les Robinson fut aussi inhabituelle. On parle de "The Experiment".

Ah oui, j'ai entendu ce nom! En fait, ce fut une situation assez unique. Steve avait dirigé des histoires, mais il n'avait jamais dirigé un film. Disney, de son côté, avait acquis les droits du livre "A day with Wilbur Robinson" depuis un certain temps et en avait fait un scénario. C'est à cette époque que Steve est arrivé sur le projet. Le scénario, écrit par John Berstein, était donc finalisé et les gens de Disney ont rassemblé une petite équipe et lui ont dit qu'il avait huit mois pour storyboarder l'ensemble du film. Souvent, à ce moment-là, tout arrive en même temps, et des tonnes de dessins, de développements visuels arrivent de toutes parts et le réalisateur se retrouve tiraillé dans toutes les directions. Ici, ce fut différent. Il y avait un scénario et une équipe d'artistes de storyboard. C'était tout pour faire un film. Finalement, c'est apparu comme une manière très agréable de travailler car nous étions cinq en comptant Steve à être vraiment focalisés sur l'histoire. Le résultat de cette première étape a été présenté sous forme de "reel", une sorte de storyboard filmé et succintement animé et les gens de Disney ont adoré. Je pense que ce bon résultat était dû d'une part au timing serré, au fait que nous n'avions rien pour nous distraire, rien d'autre à penser, d'autre part, et enfin au fait qu'on nous avait demandé de faire un film qui n'excède pas les 78 minutes, ce qui vous oblige à vous concentrer sur votre sujet. Cette première projection a eu lieu en novembre 2003 et à partir de là, l'histoire a un peu changé, mais pas énormément.

Concrètement, comment avez-vous travaillé à partir du scénario original?
On part du scénario, sans pour autant lui coller. C'est plus un guide. Il faut dire que notre story department est rempli d'auteurs de grand talent qui savent aussi bien écrire et dessiner. Nous faisons les deux. De fait, avec des gens de ce niveau, nous ne demandons jamais à nos storymen de coller à un scénario. On colle simplement à une structure, les lieux, les événements, les grandes lignes. Par exemple, dans le script original, l'Homme au Chapeau Melon n'était pas Mikey Goobian. C'était simplement un inventeur rival de Cornelius Robinson et on ne savait pas grand'chose de sa personnalité. C'est alors que l'un des membres de notre équipe Nathan Greno a lancé l'idée lors d'une réunion que l'Homme au Chapeau Melon pourrait être Goob, cela a fait tilt dans l'esprit de tout de le monde.
Le dinosaure était-il déjà là?
Non, nous l'avons également ajouté, et ce après la première projection. A cette époque, le dinosaure n'était pas ramené de la préhistoire par l'Homme au Chapeau Melon. C'était plutôt une course-poursuite à travers le temps entre Lewis & Wilbur et l'Homme au Chapeau Melon et Doris. Ils entraient et sortaient de différentes époques en se courant après au volant de leurs machines à voyager dans le temps. Cette poursuite était sensée se terminer à l'époque des dinosaures et c'est là que l'Homme au Chapeau Melon finissait, bani. A l'issue de cette première projection, l'un des réalisateurs de Disney à l'époque, Chris Sanders a suggéré que ce serait cool que l'on place ce dinosaure au milieu du film. Cette idée trotté dans notre tête pendant un certain temps et nous en sommes arrivés à l'idée de l'Homme au Chapeau qui va chercher un dinosaure dans le passé pour l'amener dans le futur.
Quelle fut l'implication de William Joyce dans l'adaptation de son livre?
Il faut savoir qu'à l'origine, c'est-à-dire il y a plusieurs années, le projet était de faire un film en prises de vue réelles à partir du livre de William Joyce. Or il se trouve que les dirigeants à l'origine de ce projet ont été mutés au département animation et l'ont emporté avec eux. J'ignore la part de William Joyce dans cette première étape. Puis Steve Anderson a eu la main sur Bienvenue chez les Robinson et nous avons travaillé en équipe de façon autonome jusqu'à la première projection que nous évoquions tout à l'heure. Or il se trouve que William était présent lors de cette projection et une fois que le projet a été approuvé, il a rejoint l'équipe, nous a fait part de ses commentaires et à apporté certaines choses très chouettes en matières d'histoire et de design.
A quoi ressemblaient vos réunions?
Nous étions une petite équipe très soudée. Nous nous retrouvions dans une pièce et nous montrions nos séquences. Aujourd'hui, beaucoup d'artistes travaillent sur ordinateurs, mais à cette époque nous dessinions tout à la main. En général, nous faisions deux passages car tout se passait très vite. Au premier passage, l'un d'entre nous présentait son travail et nous faisions nos remarques. Au second, nous faisions quelques remarques supplémentaires et on passait à l'édition de la séquence. C'est ainsi que cela se passait. Mais ce que j'aimais par dessus tout, quand Steve et moi donnions une séquence à un artiste, ce n'était pas quelque chose de confidentiel. Toute l'équipe était là et chacun était invité à y réfléchir en même temps et à mettre ses idées en commun. Cela nous a beaucoup aidés car quand un artiste gagnait son bureau pour travailler un jour ou deux sur une scène, il avait déjà une tonne d'idées venues de tout le monde. C'est un procédé qui a très bien fonctionné et que nous avons présenté à d'autres équipes d'artistes de storyboard. La personnalité des différents membres de la famille Robinson est peu développée dans le livre original.
Comment avez-vous donné corps à ces personnages hauts en couleurs?
Nous sommes partis des images de William Joyce. Pour les Robinson, nous savions qu'il devait y avoir par exemple un oncle qui passait son temps à se prendre pour un boulet de canon, et un autre qui voyait dans une soucoupe volante. A partir de là, nous avons lancé des discussions sur ce que pouvait être leur personnalité. C'est ainsi qu'Oncle Art est un voyageur de l'espace dans le livre, mais nous nous sommes dits que ce serait drôle d'en faire en même temps un livreur de pizzas. Physiquement, on jurerait un superhéro, mais en fait, il ne fait que livrer des pizzas à travers la galaxie. C'est Adam West qui fait sa voix et l'on retrouve chez lui cette grandiloquence qui rajoute à l'humour du personnage. Oncle Gaston est un peu différent. Sa personnalité est venue directement de mon travail sur lui, et c'est aussi la raison pour laquelle j'ai fait sa voix. En fait, pour la première présentation, nous avons plus ou moins tous fait des voix différentes, et j'en ai fait une pour lui sortie d'on ne sait où! Je me suis dit que si ce gars passait son temps à se fracasser contre des murs, ce ne devait pas être une lumière. Et en même temps, j'ai cherché à garder un grand enthousiasme dans tout ce qu'il fait. Sa voix est alors venue comme ça. Beaucoup d'artistes de l'équipe ont fait des voix et cela a beaucoup participé au développement des différents personnages. Dans le même temps, il faut bien penser que les différents membres de la famille n'apparaissent pas beaucoup séparément à l'écran et nous les avons abordé plutôt en tant que groupe.

Vous avez prêté votre voix à Oncle Gaston, mais également au Coach du collège de Lewis.

Encore un personnage qui n'était pas dans le livre! Mais nous savions que le climax du premier acte devait être l'exposition scientifique. C'est moi qui ai écrit et storyboardé cette séquence et le fait est que j'ai vraiment fait attention aux juges de ce concours. Cette voie a attiré l'attention d'un exécutif de Disney qui m'a suggéré d'être encore plus drôle avec ces personnages. C'est à ce moment que j'ai imaginé ce prof de gym un peu lourdeau. A cette époque, il devait être accompagné d'un professeur de dessin, mais si le coach fonctionnait bien, l'autre ne fonctionnait pas vraiment. Je suis donc retourné à ma table de travail. Je suis reparti d'une idée qui était là depuis le début : le fait que Lewis allait finalement travailler pour cette compagnie, Inventco, et qu'il allait en faire Robinson Industries. C'est ainsi que j'ai imaginé le personnage du Dr. Krunklehorn, qui représente Inventco à l'exposition. Puis une idée en entraînant une autre, même complètement folle, j'ai proposé à Steve Anderson l'idée qu'elle puisse devenir la mère de Lewis en l'adoptant. Et le plus fort c'est qu'il m'a dit que cette idée était effectivement folle, mais qu'il l'adorait! Je suis donc retourné à ma table à dessin et j'ai fait en sorte qu'elle puisse devenir Mrs. Robinson, la grand-mère de Wilbur et son mari, Bud, devienne son grand-père. C'était un retournement très amusant.

C'est presque un retournement à la Shyamalan (le réalisateur de Sixième Sens), dans la mesure où le début du film est rempli de détails a priori insignifiants qui prennent finalement sens à la fin.

Plus vous ferez attention aux détails du début du film, plus vous apprécierez la fin. C'est quelque chose que je fais toujours quand je visionne un film. Je suis très attentif au maximum de détails que les auteurs ont pu glisser dans leur histoire et je n'en apprécie que davantage le film quand les cinéastes proposent une fin qui me surprend. C'est ainsi que je me suis dit que ce serait amusant d'avoir toujours un temps d'avance sur le spectateur pour mieux le surprendre à la fin!

Comment en êtes-vous arrivé à associer cette histoire à la philosophie de Walt Disney, judicieusement citée en fin de film et qui peut être résumée dans le fameux "Keep Moving Forward" ("Allez de l'avant")?

C'est quelque chose qui, d'une façon ou d'une autre, était toujours là. C'est venu de Steve Anderson et de son expérience personnelle, dans la mesure où il a été lui-même adopté et où il s'est lui-même longtemps posé la question de savoir qui étaient ses parents biologiques. Et puis un jour, à l'époque de Cal Arts, il a réalisé que cela faisait un certain temps que cette question ne l'obsédait plus et que le plus important, c'était le présent et le futur. Ce motif, "Keep Moving Forward", c'était tout simplement l'histoire de sa vie. Et le hasard a voulu qu'un jour il trouve cette citation de Walt Disney dans une publication interne et il a trouvé intéressant de retrouver chez lui la même philosophie de la vie. C'était étonnant de voir que Walt avait verbalisé en son temps tout l'esprit de Steve et tout l'esprit de son film. En voyant cela, plusieurs personnes dont moi-même ont conseillé à Steve d'intégrer cela dans son film et de mettre cette citation à la fin. C'est quelque chose de très touchant pour moi car je veux croire que Walt aurait aimé ce film.

Du point de vue de la band originale, comment avez-vous intégré les chansons dans votre histoire?

En fait, la création des chansons a été gérée par le département de musique et nous les avons reçues toutes faites. Le plus incroyable, c'est qu'elles s'intégraient parfaitement dans notre histoire, et tout particulièrement par la chanson de Rob Thomas, Little Wonders. En l'écoutant pour la première fois, nous avons senti les larmes monter tellement elle correspondait à ce que nous ressentions pour la fin du film. Nous ne voulions pas d'un grand final et cette chanson était exactement ce dont nous avions besoin. C'est Steve qui a storyboardé tout le montage final qui renferme cette chanson, et qui est pour moi le sommet émotionnel du film.
L'Homme au Chapeau Melon est lui aussi une pure invention.
Déjà, dans le script original, il y avait cet inventeur rival de Cornélius, qui avait été rajouté par rapport au livre. Mais nous n'en étions pas satisfaits. Il était prévisible et n'était pas intéressant. Les premiers développements l'avaient déjà vêtu de noir avec une chapeau noir et nous nous sommes dits : pourquoi ne pas y aller franchement dans ce registre et jouer sur les clichés de méchants. Cela nous a donné une certaine liberté dans l'imagination et nous a permis d'imaginer pour lui des gags basés sur sa stupidité, et tous ses échecs successifs seraient la base de la construction de sa personnalité. Il est devenu une sorte d'éternel enfant de 6 ans qui considère que sa vie depuis lors est un échec. De fait, il n'a jamais grandi, il n'a jamais muri. C'est un gamin dans le corps d'un adulte. A partir de là, il avait besoin d'un complice, quelqu'un à qui parler, pour faire ressortir sa personnalité. C'est ainsi que nous en sommes venus à l'idée de prendre son chapeau, qui serait une invention de Cornélius qui aurait mal tourné.
Comment avez-vous abordé les deux héros, Lewis et Wilbur?
Lewis est à l'évidence le coeur émotionnel de cette histoire. Cela n'a jamais vraiment changé depuis le départ. Wilbur, par contre, était un peu différent. Il devait être un adolescent qui s'ennuie de tout, sans cesse blasé. Puis nous nous sommes rendus compte que cela ne fonctionnait pas : ce n'est pas très amusant de voir des gens qui s'ennuient. A partir de là, nous avons regardé quelques films pour nous inspirer et notamment Bottle Rocket, le premier film d'Owen Wilson, dirigé par Wes Anderson. C'est l'histoire d'un homme très enthousiaste qui veut devenir un voleur. Il essaie de tout planifier pour cela, mais cela ne marche pas. Nous avons repris certains éléments de cet enthousiasme et nous l'avons injecté dans la personnalité de ce jeune, Wilbur, qui parle comme un agent secret quand il raconte à Lewis qu'il est un policier du futur voyageant dans le temps! Là, nous nous sommes dits que ce serait un partenaire intéressant pour Lewis, qui est plus rangé.

Durant la production du film, Walt Disney Feature Animation a connu de grands changements avec l'arrivée de John Lasseter aux commandes. Quelles furent les conséquences de cette arrivée sur le film?

Quand les gens de Pixar ont vu le film pour la première fois, ils ont bien senti tout son potentiel. Cependant, ils ont trouvé que certains éléments n'étaient pas forcément à la bonne place pour le film s'exprime totalement. C'était de notre faute car certaines choses étaient dans nos têtes mais n'apparaissaient pas à l'écran. En gros, les changements suggérés tournaient autour de l'Homme au Chapeau Melon. Il nous fallait un climax dramatique pour la fin du film, un climax qui contraste avec le futur drôle et lumineux des Robinsons. Un futur horrible, presque post-apocalytique qui soit plus le futur de Doris que celui de l'Homme au Chapeau Melon (car lui ne va pas plus loin que sa vengence de Lewis). Dans nos esprits, c'était clair, mais nous n'avions pas vraiment mis l'accent là-dessus. Par conséquent, les gens de Pixar nous ont bien dit qu'ils adoraient le film, mais nous ont suggéré de mieux expliquer cet aspect de l'histoire, de le rendre plus clair et plus dramatique. De là est venue l'idée de faire de Doris le véritable méchant de l'histoire. Pour ce faire, l'idée a surgi de raconter son histoire à elle -qui n'apparaissait pas dans notre version.
On raconte que John Lasseter a versé sa petite larme lors de la projection de votre film.
J'ai entendu cela moi aussi. En tout cas, ce que je sais, c'est que j'étais moi-même en larmes!

Quelle est l'idée dont vous êtes le plus fier?
C'est une question difficile. J'ai adoré travailler sur le coach, sur le Dr. Krunkelhorn ou encore sur le futur de Doris. Mais la chose la plus intéressante pour moi, ce fut de développer la personnalité de Wilbur. Le développement de Lewis est vraiment l'oeuvre de Steve. Il savait exactement ce qu'il voulait faire de ce personnage. Mais les réunions sur Wilbur furent pour moi les plus agréables et les plus drôles. Je voudrais simplement insister sur le fait que je ne peux prendre tout le crédit de cela : ce fut, comme tout sur ce film, un véritable travail d'équipe. Nous étions unis comme les cinq doigts de la main.
Sur quoi travaillez-vous en ce moment?
Je suis head of story sur The Princess and the Frog.
Un film pour le moins attendu!
La pression est énorme! Ceci dit, nous travaillons dans une ambiance excellente et je suis impatient de vous montrer ce film terminé!
With all our gratitude to Travis Beckner and Floriane Mathieu!

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