vendredi, août 10, 2007

LES ORCHESTRES DE DISNEYLAND RESORT PARIS : Entretien avec Nicolas Gobin, manager de scènes pour les orchestres

Disneyland Resort Paris, parc à thème, certes. Mais Disneyland Resort Paris, lieu de découvertes et de rencontres musicales.
Prenez les ensembles musicaux du parc. Il n’est que de contempler leur diversité et leur qualité pour s’en convaincre. Et c’est bien ce qu’a compris le tout nouveau manager des orchestres du resort, Nicolas Gobin. Disneyland Resort Paris peut en effet s’enorgueillir de musiciens de grand talent qui font le bonheur de ses visiteurs. Mais pourquoi ne pas aller plus loin, tant dans l’interaction avec les visiteurs que dans le partage de ces expériences uniques à l’extérieur du parc ? C’est précisément la nouvelle politique menée actuellement par Nicolas Gobin, bien décidé à diffuser le plus largement le savoir-faire musical de Disneyland Resort Paris. Rencontre avec un manager pas comme les autres.



En quoi consiste le rôle du manager des orchestres de Disneyland Resort Paris ?
Au départ, c’est tout simplement de la gestion opérationnelle des orchestres, aussi bien en termes de planification qu’en termes d’information au quotidien et de budget. Ensuite, en transversalité, c’est essayer d’ouvrir en quelque sorte le département et de rencontrer d’autres personnes au sein de l’entreprise comme à l’extérieur. J’ai donc des musiciens sur le terrain, mais j’ai aussi une équipe, composée de deux régisseurs, d’assistants-régisseurs, d’assistants de département et backliners. C’est une équipe qui était en place bien avant que j’arrive sur ce poste, que j’ai connue il y a quelques années –j’y reviendrai d’ailleurs- et avec laquelle il faut aussi avancer.


Comment se passe l’intégration des orchestres dans la vie de chaque land ?
Prenons l’exemple des Tams-Tams africains. C’est Kat De Blois, Directrice Artistique de Disneyland Resort Paris, qui nous a établi une liste très précise des endroits où elle souhaite les voir jouer, et il se trouve que, devant le restaurant Hakuna Matata, c’est son choix premier. Nous nous basons donc là-dessus pour décider où mettre nos ensembles. Après, en termes d’horaires, il y a une logique d’occupation de l’endroit, pour que nos visiteurs aient le plus d’opportunité de voir nos orchestres. Il s’agit donc d’essayer de cibler les moments où a priori nous aurons le plus de gens possible, sans pour autant nuire à d’autres animations et interactions. On essaie d’être complémentaires, de tous avancer pour proposer quelque chose de cohérent. C’est donc une combinaison entre l’artistique, qui nous donne un thème et un lieu, et l’opérationnel.


Quel fut votre parcours avant d’arriver à ce poste de manager ?
J’ai commencé à Disneyland Resort Paris en 1994. J’avais un CDI où je travaillais 8 heures par semaines le samedi. Je conduisais les véhicules de Main Street thémés 1900. J’ai arrêté un temps à cause de mes études, puis je suis revenu sous différents contrats. Intérimaire, intermittent, j’ai travaillé dans les attractions, les restaurants, un peu partout. J’ai ensuite repris un CDI en 2000 pour rejoindre l’équipe du programme Disney Magic Music Days. J’accueillais les orchestres de l’extérieur. C’était très intéressant. Puis, au sein de la même équipe, j’ai travaillé avec les musiciens du parc. Je m’occupais d’installer le matériel sur les scènes. Je passais le plus clair de mon temps avec les orchestres, notamment au Lucky Nuggett –ce qui fait que je connais depuis longtemps les musiciens dont je m’occupe maintenant ! Par la suite, j’ai quitté ce département pour rejoindre les Walt Disney Studios et l’équipe qui gérait les musiciens et les comédiens, puis uniquement les comédiens. J’ai aussi intégré l’équipe régie lors d’un petit passage à Videopolis sur Mickey’s Showtime, puis le spectacle Moteurs... Action! Stunt Show Spectacular, en tant qu’assistant-régisseur pendant un an et demi, et régisseur pendant une autre année et demie. C’est alors que deux ouvertures de postes ont eu lieu dont celui de manager musique. En fait, j’ai envoyé mon CV le dernier jour en précisant que j’étais uniquement intéressé par ce premier poste relatif aux musiciens. C’était la première fois que le poste s’ouvrait de cette façon-là, avec un désir d’identifier quelqu’un dans ce rôle. J’ai cette passion de la musique ; j’ai joué de la guitare classique, puis de la guitare électrique. Je respecte donc beaucoup les musiciens. De plus, j’avais une forte expérience en matière de relations avec des orchestres et de gestion de scène, notamment le spectacle Moteurs... Action! Stunt Show Spectacular. Tout cela m’a permis d’avoir ce poste et de rentrer dans l’équipe des managers de scène. Fait amusant : je me suis retrouver à côtoyer des gens qui ont été mes managers ! Pour moi, c’est aussi un retour aux sources car c’est l’expérience qui m’a le plus marqué à Disneyland Resort Paris. Il y a d’une part mes débuts en tant que "show player", mais surtout, de par sa richesse, ma rencontre avec les musiciens. Revenir dans cette équipe, c’est quelque chose de très fort pour moi !


Vous êtes arrivé au département avec des projets, des envies. Comment avez-vous lancé tout cela ?
Je suis arrivé en janvier dernier. J’ai commencé par faire un point sur les orchestres, les musiciens. C’est ce qu’on a fait en mettant en place un atelier sur deux jours, sur lequel sont intervenus Jean-Yves Lacombe, violoncelliste du Quatuor, Cécile Girard, directrice artistique de cet ensemble, et Philippe Péchot, qui s’est occupé de tout l’aspect théâtre. Ils ont ainsi lancé des ateliers « musique » et des ateliers « théâtre » pour voir comment nos musiciens réagissaient à ces exercices. Ce fut très intéressant. Il en est ressorti que le niveau musical de nos équipes oscillait entre le bon et le très bon, avec une bonne participation globale. Fort de ces conclusions, j’ai décidé de mettre en pratique ce que nous avions ressenti, et ce dès cet été. C’est ainsi que les Gold Diggers du Lucky Nugget ne font plus que jouer les morceaux proposés et arrangés par Robert Fienga, mais en plus créent une interaction avec le public sur une mise en scène imaginée par le metteur en scène Emmanuel Lenormand. En fait, les musiciens proposent quelque chose. Le pianiste commence tout seul, puis le batteur arrive, la tension monte et tous les "prétextes" sont bons pour faire monter les enfants sur scène. Tout cela est assez nouveau et cette nouvelle approche a reçu un bon accueil de la part des musiciens. C’est cela, manager des orchestres : faire un bilan de son équipe et essayer de prendre une direction afin d’emmener un maximum de monde avec soi, aussi bien en équipe qu’en transversal. Je veux dire par là, travailler dans ce sens en étroite collaboration avec d’autres départements, lumières, son, créatif, communication.

Vous parliez également d’ouvrir le département vers l’extérieur. Comment cela ?
Lorsque je m’occupais des orchestres en termes de logistique, nous avions participé à des festivals et à des salons comme Musicora. J’ai ainsi eu l’occasion de ressentir l’impact de nos musiciens dans des lieux où on ne les attendait pas a priori. Ici, ils jouent leur répertoire au quotidien, là ils étaient en situation de concert, face à un public d’avertis, de connaisseurs, de musiciens, pour un moment très précis. Et j’ai vu des gens vraiment surpris de la qualité de ce que les musiciens pouvaient donner. De par leur expérience à Disneyland Resort Paris, ils ont un par-cœur absolument parfait, une entente musicale très aiguisée et un niveau technique impressionnant. J’ai donc voulu renouer avec ce genre d’expérience qui avait progressivement disparue. C’est ainsi que nous étions début juillet au festival Jazz à Vienne et les organisateurs ont été ravis. Tant le Dixieland Band de Main Street que les Tams-Tams africains, tous ont fait un "carton", aussi bien auprès du public en termes de présence et d’animation (ce qu’ils maîtrisent parfaitement) que de qualité de chorus et d’écoute. Je savais que nos musiciens étaient d’excellents porte-parole et je suis ravi de pouvoir renouveler cette expérience. A partir de là, très clairement, notre ambition en termes de communication est d’aller encore plus loin dans la présence de Disneyland Resort Paris sur d’autres événements. C’est ainsi que le directeur du festival Jazz à Vienne nous a spontanément proposé de revenir l’année prochaine et d’envisager une participation plus importante. De la même façon, j’aimerais beaucoup lancer notre Hill Billy Trio dans ce projet. Ils avaient déjà participé à un festival country par le passé et cela avait été un vrai succès. Le tout est de continuer à proposer des prestations diversifiées et de qualité dans notre parc et de voir comment et à quels moments proposer nos musiques à l’extérieur. Notre département de musique possède une dimension culturelle assez forte et je trouve que c’est un angle très intéressant par rapport à l’image du resort. Il s’agit certes de culture Disney, mais surtout de culture tout court.



Photos courtesy of Chris B.! Thanks a lot!

With very special thanks to Princess Lily!

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