jeudi, juillet 05, 2007

CARS QUATRE ROUES RALLYE AUX WALT DISNEY STUDIOS PARIS : Entretien avec le compositeur Jonathan Sacks


Radiator Springs, c’est une petite ville du Sud des Etats-Unis située sur la route 66 qui a repris vie après le passage d’un fou du volant au cœur tendre.
Radiator Springs, ce sont des habitants qui n’attendaient qu’une chose, partager leur culture et leur joie de vivre avec le plus grand nombre, voitures et humains, que ce soit sur grand écran ou au Toon Studio des Walt Disney Studios Paris.
Et quel meilleur moyen de partager une culture qu’avec une bonne musique, bien de chez eux ?
Eh bien ce fut la tâche de Jonathan Sacks, orchestrateur attitré de Randy Newman, que d’arranger la musique originale de Randy Newman pour en faire la musique de « notre » film, celui de nos cours de conduite, sous la houlette de Flash McQueen et d’Aston Martin, pour l'attraction Cars Quatre Roues Rallye !


Comment êtes-vous devenu le principal orchestrateur de Randy Newman ?
J’ai tout simplement reçu un coup de fil de son manager pour me proposer de travailler avec lui. C’est pour le film Michael, au milieu des années 90. Cela a bien fonctionné et depuis, je suis devenu son principal orchestrateur.

(ci-dessous, de gauche à droite, Jonathan Sacks, Randy Newman, Bruno Coon et John Lasseter, pendant l'enregistrement de la musique de Cars-Quatre Roues)


Comment travaillez-vous avec lui ?
Il me donne une esquisse de partition d’orchestre avec un grand nombre d’indications au niveau de l’orchestration qu’il désire. Il fait partie de ces compositeurs pour qui l’orchestration fait partie intégrante de son processus de composition. Mon travail consiste donc à donner corps à ses idées. C’est un procédé assez différent de celui d’autres compositeurs avec qui j’ai collaboré et qui me donnaient plutôt une esquisse pour piano, sans beaucoup de données sur l’orchestration. Je me souviens par exemple qu’il était assez difficile de retrouver les orchestrations que Michael Kamen pouvait avoir en tête d’après ses esquisses. Et c’est un peu la façon dont je travaille avec Sean Callery, le compositeur de 24 Heures, quand il compose pour orchestre (la série étant écrite au synthétiseur).



Avant de faire la musique de Cars Quatre Roues Rallye, vous aviez déjà une expérience en matière de musique d’attraction.
En effet. Cars Quatre Roues Rallye est ma seconde musique d’attraction. La première a été celle de l’adaptation du film Monstres et Cie pour le Disneyland Resort de Californie. Dans la mesure où j’étais le principal orchestrateur sur ces deux films, je connaissais ces partitions sur le bout des doigts et je pense que c’est ce qui faisait de moi la personne idéale pour refaire ces musiques et les adapter à ces attractions.


Pour une attraction, il faut vraiment une musique sur mesure. Comment avez-vous pu vous représenter les différents parcours et les différentes aventures qu’elles proposent ?
Sur Monsters, Inc., l’attraction était déjà en construction. Ce qui fait qu’ils m’ont fait venir à Disneyland pour me la faire visiter. J’avais également à ma disposition des maquettes. Nous avons discuté de chaque scène de ce dark ride presque comme pour un film, comment chacune d’elle fonctionne du point de vue de l’histoire et j’ai dû composer une musique pour chacune d’entre elles. La seule différence avec un film, ce sont les loops, le fait que chaque scène possède un cycle musical qui se répète à chaque fois qu’un véhicule entre dans sa zone. Sur Cars Quatre Roues Rallye, ce fut très différent. C’est comme un ride de 90 secondes. Ils m’ont donné un dessin de ce à quoi l’attraction devait ressembler et m’ont demandé d’écrire deux morceaux différents pour ce lieu, de sorte qu’ils puissent alterner les musiques. Les seules informations que j’avais, c’était la durée du ride et sa structure : le fait qu’il fallait prévoir, pour chaque morceau, une partie lente pour les accès et les descentes des véhicules et un gain d’intensité entre les deux.

Comment avez-vous collaboré avec Walt Disney Imagineering ?
Je leur ai fait une maquette à partir de l’album du film et du matériel que je possédais en accélérant la bande au moment voulu pour les accélérations. Le rendu n’était pas très intéressant musicalement, mais cela a pu leur donner une idée de ce qu’il était possible de faire. Puis, une fois que j’ai eu le feu vert, j’ai écrit tout cela noir sur blanc et je me suis occupé d’engager les différents musiciens nécessaires à l’enregistrement.


Je suppose que ces deux morceaux sont tirés de la musique du film.
C’est exact. L’un est tiré de Best Backwards Driver, le moment où Martin explique à Flash McQueen comment rouler en marche arrière. C’est un morceau très country, très « bluegrass », à l’image de Martin. L’autre correspond au moment où Flash découvre Hudson en train de s’entraîner à faire des dérapages contrôlés dans le désert.


Comment avez-vous adapté ces morceaux ?
Il a fallu les couper pour obtenir la bonne durée et faire en sorte qu’ils s’adaptent à l’histoire de l’attraction.


C’est-à-dire ?
Il fallait donner musicalement l’idée d’une accélération en cours de parcours. De ce fait, pour Best Backwards Driver, nous avons enregistré le morceau deux fois, et ce bien plus vite la seconde fois. En ce qui concerne l’autre morceau, dans la musique originale, il y a un moment où la musique, si elle n’accélère pas, gagne malgré tout en intensité. C’est sur cette partie que je me suis focalisé.

Comment avez-vous géré les accès et descentes des véhicules du point de vue musical ?
L’avantage dans la musique bluegrass, c’est qu’elle intègre naturellement l’idée d’une introduction lente, pour se chauffer, et d’un final où chacun y va de sa petite note sur l’accord terminal. J’ai donc simplement utilisé la spécificité de ce style de musique pour les besoins pratiques de l’attraction.

Comment avez-vous réalisé les enregistrements ?
Pour Best Backwards Driver, j’ai fait appel à deux guitares jouant en overdub, un batteur et un violoniste. La basse était jouée par moi au synthétiseur. A l’exception du violoniste, les autres musiciens avaient tous participé au film. La seule différence est que Randy avait fait appel à trois guitares tandis que je n’en avais besoin que de deux. C’était une chance car le troisième n’était pas disponible au moment de nos enregistrements ! Pour l’autre morceau, j’ai repris les mêmes musiciens –car on y retrouve la même couleur « bluegrass »- que j’ai enregistrés par-dessus des samples d’orchestre que j’ai joués (car nous n’avions pas le budget pour un orchestre live). L’orchestre intervient principalement au début et à la fin du morceau, avec de petites touches entre les deux. Dans la mesure où nous n’étions que quatre musiciens, nous avons enregistré tout cela dans un petit studio au sein-même de Walt Disney Imagineering.

Avez-vous participé à la musique de la file d’attente ?
Non, pas sur cette attraction. J’ai produit la musique d’attente de l’attraction Monsters, Inc. mais pour Disneyland Resort Paris, ce sont les gens de Disney qui ont réalisé leur propre compilation de titres pré-existants.

Je crois que Cars Quatre Roues Rallye n’est pas votre seule contribution à un produit dérivé du film.
En effet. J’ai participé à la musique du jeu vidéo tiré du film. C’est Bruno Coon, le monteur de Randy Newman, qui a écrit la musique, bluegrass, elle aussi, avec des parties orchestrales. C’est moi qui a orchestré ces dernières dans le même esprit que le film.


Que gardez-vous de cette expérience dans le monde des parcs Disney ?
C’est très différent de la musique de film, mais je me suis beaucoup amusé. Je suis tout près à retenter l’expérience !


With very special thanks to Randy Newman!

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