mardi, juillet 03, 2007

HIGH SCHOOL MUSICAL : Entretien avec Greg Cham et Drew Seeley

Groove urbain très actuel, frottements de baskets, bruits de ballons sur le parquet : pas de doute, nous sommes bien dans High School Musical, dans l’un des moments-clefs du film et du spectacle actuellement donné à Disneyland Resort Paris, Head in the Game. Plus qu’une chanson, un véritable tube créé par trois artistes de talent, Drew Seely et Ray & Greg Cham.
Auteur, compositeur et interprète, Drew Seeley a tous les talents. Pas étonnant qu’on le retrouve en tant que compositeur sur High School Musical et en tant que chanteur sur la tournée homonyme qui a fait dernièrement vibrer les deux Amériques.
Pas étonnant non plus qu’il ait été remarqué par Ray et Greg Cham, deux compositeurs/producteurs de talent, qui ont su dénicher cette pépite et la propulser vers les sommets.
Ray nous ayant tragiquement quittés il y a peu, c’est donc les deux autres créateurs de Head in the Game que nous avons eu le plaisir d’interviewer pour vous !

Comment êtes-vous entrés dans le monde de la chanson ?
Greg Cham : Je dirai que je suis plus un superviseur de la musique et un agent. High School Musical a été ma toute première opportunité de travailler avec Drew et mon frère en tant qu’auteur sur un projet.
Drew Seeley : Pour ma part, j’écris des chansons depuis une dizaine d’années, mais ce n’est qu’après avoir rencontré Ray et Greg que ma carrière a vraiment décollé et pris une autre dimension. Je peux vraiment dire que High School Musical a changé ma vie !


Comment vous êtes-vous rencontrés ?
DS : C’était il y a quatre ans. J’étais dans un studio d’Hollywood pour présenter des démos avec ma sœur et ma mère quand Ray, le frère de Greg, est passé par là. Il m’a pris à part pour me dire : « pourquoi ne pas travailler ensemble ?» Et tout est parti de là !
GC : C’est Ray qui nous a présentés. Il a su reconnaître le talent de Drew non seulement en tant que chanteur, mais également en tant que compositeur de chansons.

Comment a débuté cette aventure ?
GC : Tous les trois, nous avions depuis longtemps d’excellentes relations avec Disney Channel. Notre premier projet avec eux s’appelait Gotta Kick It Up, puis nous avons participé au premier Cheetah Girls en tant que superviseurs de la musique, compositeurs et producteurs. Nous avons également travaillé sur différents albums comme celui de Raven. Ce sont Steve Vincent, le responsable de la musique de Disney Channel et Gary Marsh, le responsable entertainment qui nous ont appelés et nous ont donné cette chance de pouvoir faire quelque chose pour High School Musical. Or, il se trouve que j’avais déjà travaillé avec Kenny Ortega, le réalisateur et chorégraphe du film sur un projet avec Oscar de la Hoya deux ans auparavant, ce qui fait que j’étais ravi de pouvoir le retrouver à cette occasion !
DS : De mon côté, je suis venu de Floride en Californie pour poursuivre ma carrière en tant que musicien et acteur. Je travaillais alors avec Greg sur un projet d’album solo quand il m’a proposé de participer à High School Musical avec lui. C’est ainsi que j’ai commencé à écrire pour le film, puis à chanter et que j’ai fini par faire la tournée américaine et sud-américaine tirée du film.

Comment la séquence Head in the Game vous a-t-elle été présentée ?
GC : Kenny Ortega avait une vision très personnelle de l’entraînement de basket pour son film. Il nous a décrit ce qu’il voulait : beaucoup d’énergie, associée à l’idée que le héros était tiraillé entre le fait d’être le capitaine de son équipe et son désir de faire autre, jouer la comédie et chanter, au risque de déplaire à son père.
DS : L’un des points forts de High School Musical, c’est la diversité des styles qu’il propose, et pour moi, Head in the Game est la chanson la plus énergique et urbaine du film.
GC : C’est une chanson qui va plus loin que d’habitude, stylistiquement parlant, apportant un nouveau son urbain à Disney Channel. Comme je vous le disais, nous avons d’excellentes relations avec les responsables de la chaîne et ils nous ont donné la possibilité de faire des choses inhabituelles, plus innovantes, qui puissent permettre à leur public de découvrir des sons nouveaux, plus « mainstream ».

D’où est venue l’idée d’utiliser des sons de basket pour la rythmique de la chanson ?
GC : L’idée de départ est venue de Kenny. Il faut savoir qu’il n’est pas seulement réalisateur, mais également chorégraphe. Il développe chaque scène par rapport aux mouvements qu’il imagine. En visualisant cela dans son esprit, il lui vient en même temps une sorte d’image sonore. C’est ainsi qu’il a eu l’idée de faire appel à toutes sortes d’effets sonores empruntés au basket : frottements de chaussures, bruits de ballons sur le parquet, ambiance de terrain. A partir de là, Ray a mis tout cela en place du point de vue musical pour faire en sorte que la chanson atteigne un niveau supérieur.

D’où proviennent ces bruits de basket ?
GC : Une partie des effets étaient déjà pré-enregistrée et faisait partie d’une banque de son, mais une autre partie, celle plus spécifique au basket (ballons et chaussures), a été créée spécifiquement pour notre chanson.

Comment avez-vous travaillé tous les trois ensemble?
GC : Ray est venu avec l’accroche musicale et il a travaillé avec Drew au niveau des paroles. Ma contribution se limite au « pont » de la chanson.
DS : C’est vraiment Ray qui a apporté ces mélodies très urbaines. Il a également apporté un peu plus de substance à mes paroles. Je me rappelle que nous avions déjà écrit ensemble un certain nombre de ponts assez intéressants mais qui ne convenaient pas exactement à la vision du réalisateur, jusqu’à ce que Greg arrive sur le projet. Nous sommes donc passés par quelques ébauches avant d’arriver à la version définitive que vous connaissez maintenant et qui, me semble-t-il, sonne plutôt pas mal.

Comment s’est passé l’enregistrement ?
DS : De toutes celles que j’ai enregistrées, c’est probablement la chanson avec laquelle je suis le plus à l’aise. Cela ne m’a pas pris plus d’une heure. Ce n’est pas une chanson très difficile sur le plan vocal. La difficulté, c’est plutôt le « vibe ». Elle est très rythmique, presque comme du rap. Une fois que le beat a démarré, il ne m’a pas fallu longtemps pour en capter le groove. Ce fut très naturel, presque magique.

Comment êtes-vous devenu la voix chantée de Troy ?
DS : Pour être précis, je voudrais dire que sur le cd, ce sont nos deux voix, à Zack Efron et moi-même, que vous entendez, et pas seulement moi. C’est une participation combinée. En fait, j’ai chanté sur les démos d’une grande partie des chansons du film et dans la mesure où ma voix monte davantage dans l’aigu que celle de Zack, cette coopération était toute tracée. Cela montre bien l’exigence de qualité de cette production car tout devait vraiment être parfait.
GC : Il faut dire que Drew et Ray avaient rencontrés un certain nombre de responsables des labels de disques Disney et de Disney Channel avant ce projet afin de présenter Drew en tant que chanteur, mais aussi en tant qu’acteur. C’est ainsi que son nom est naturellement apparu lorsqu’il s’est agit de trouver un soutien vocal pour Troy.

Comment en êtes-vous venu à faire partie de la tournée américaine et sud-américaine de la version « concert » de High School Musical ?
DS : En fait, Zack était occupé à Toronto sur le tournage de Hairspray. Comme la tournée était prévue pour avoir lieu entre les sorties de HSM 1 et HSM 2, il n’a pas pu se rendre disponible. Et dans la mesure où je connaissais déjà toutes les chansons ainsi que les autres acteurs, j’étais le remplaçant idéal !
GC : Je suis très reconnaissant envers Disney Channel et Walt Disney Records d’avoir permis de mettre Drew sur le devant de la scène et de le faire ainsi reconnaître en tant que chanteur à part entière.

Avez-vous discuté avec Zack Efron du rôle de Troy ?
DS : Pas vraiment. Le concert est plus une évocation, un hommage au film. Il ne re-raconte pas l’histoire. De cette façon, je n’ai jamais eu à me mettre « à la place de ». C’est vraiment mon interprétation personnelle des chansons du film.

Comment vous êtes-vous intégré dans l’équipe des acteurs du film au cours de la tournée ?
DS : Je dois avouer que, les deux premiers jours, je me suis senti un peu bizarre, un peu à part parce que tous les autres avaient travaillé ensemble depuis des mois et avaient formé une véritable famille. J’étais le petit nouveau. Mais ils m’ont très vite intégré et chacun d’eux a une place très spéciale dans mon cœur depuis. D’autant plus que nous sommes toujours en contact. Je suis d’ailleurs en train de tourner un épisode de The Suite Life of Zack and Cody avec Ashley Tisdale. Le contact a également été formidable avec les musiciens extraordinaires qui nous accompagnent. Etant moi-même guitariste, nous avons fait quelques bœufs ensemble. J’ai même écrit une chanson avec Che Che, le claviériste du groupe, directeur musical de la deuxième tournée, en Amérique du Sud.
GC : Je connais Che Che depuis 1998. Nous l’avions engagé pour sa première tournée avec Christina Aguilera et il est devenu directeur musical sur un grand nombre de tournées d’artistes majeurs ainsi que sur deux saisons d’American Idol, la Nouvelle Star américaine. High School Musical a changé sa vie à lui aussi et lui a permis de rencontrer des producteurs sud-américains qui travaillent actuellement à une version latine du film qui devrait sortir d’ici un an.

Quelles étaient les attentes réelles de Disney Channel quant au succès de High School Musical ?
GC : Les gens de Disney Channel escomptaient un succès modéré qui permettrait de continuer à produire d’autres programmes musicaux de ce type pour la télévision. Personne, je dis bien personne ne s’attendait à ce phénomène. Aujourd’hui, High School Musical a sa vie propre et continue encore de grandir. Le film est devenu la voix des jeunes de ce millénaire. La musique, les dialogues, l’histoire, tout cela parle à toute une génération de jeunes à travers le monde qui ont des rêves.
DS : C’est vraiment une progression incroyable. Déjà, quand votre disque est numéro 1, vous croyez que c’est ce qui pouvait vous arriver de mieux, mais cela continue encore et on vous appelle pour vous demander de participer à une tournée de deux mois durant laquelle vous allez pouvoir chanter devant plus d’un million de fans. Là vous vous dites que c’est génial. Et deux mois après vous recevez un nouveau coup de fil pour vous dire que vous allez repartir en tournée pour deux semaines et chanter dans six pays d’Amérique du Sud. On se demande jusqu’où cela va monter. On trouve maintenant des adaptations pour les parcs Disney, une version sur glace et une autre sur scène. C’est une chance incroyable de faire partie de tout cela, et ce depuis le tout début !
GC : Je pense que le génie des gens de Disney, c’est de comprendre exactement leur public. D’un côté, ils comprennent exactement ce que veulent les jeunes, et de l’autre ils ont l’intelligence de proposer des programmes qui respectent les jeunes. Pour cela, je pense que Gary Marsh, Steve Vincent et Kenny Ortega sont de véritables visionnaires.

En effet, il me semble aussi que le succès de High School Musical vient du fait qu’il s’agit bien d’un programme Disney, mais totalement au goût du jour.
GC : Je suis tout à fait d’accord. Je suis plus âgé que Drew et pour moi, High School Musical est le Grease de la nouvelle génération. Il leur parle sur le plan de la musique, sur le plan des sujets abordés et sur le plan des chorégraphies, elles aussi très actuelles. C’est vraiment un film qui possède une richesse incroyable, à tous les niveaux.

Quelles sont vos attentes pour l’avenir ?
GC : En ce qui concerne High School Musical 2, mon frère Ray et moi n’y avons pas participé, d’autant plus que Ray nous a quittés tragiquement il y a peu. Mais nous espérons que Drew fera partie de la tournée qui résultera de ce deuxième film. D’une façon ou d’une autre, Drew est lancé et nous le devons à Disney. Son premier album sortira en 2008 et il a déjà enregistré différents titres pour différents labels.

Ce qui veut dire que, cette fois, Zack Efron a enregistré toutes les parties vocales de High School Musical 2 ?
Exactement.


Qu’est ce que cette expérience sur High School Musical représente pour vous, tant sur le plan professionnel que personnel ?
GC : Tous les matins, je descends dans mon bureau et je vois la plaque de High School Musical sur le mur. C’est la plus grande de toutes. C’est une façon de me rappeler ce changement radical qui s’est opéré dans l’industrie du disque. Il y a deux-trois ans, on n’aurait jamais envisagé qu’un disque pour enfants serait le numéro 1 de l’année. Et c’est ce qui est pourtant arrivé. High School Musical a été numéro 1 en 2006 toutes catégories confondues. C’est fantastique d’avoir pu être impliqué dans un tel événement !
DS : Sur le plan professionnel, comme je vous l’ai dit, cela a changé ma vie. Je suis venu de Floride en Californie pour faire carrière et maintenant je parcours le monde en faisant ce que j’aime ! Personnellement, cette tournée m’a permis de rencontrer des tas de gens qui m’ont transformé en tant que personne. Il y a deux semaines, j’étais en Amérique du Sud et les jeunes connaissaient par cœur nos chansons en anglais tandis que de notre côté, nous avons fait de notre mieux pour pouvoir leur parler dans leur langue. Cette expérience m’a permis de créer des liens, d’aller vers les autres, de m’ouvrir, d’avoir envie d’apprendre des gens, de la vie. Tout cela, je le dois à High School Musical !

With very special thanks to Fred Mollin and Dani Markman (Walt Disney Records)

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