mardi, juillet 24, 2007

WISHES A DISNEYLAND RESORT PARIS : Entretien avec le show director Christophe Leclercq

Wishes est un véritable phénomène mondial. Créé originellement pour le Magic Kingdom de Walt Disney World, ce spectacle pyrotechnique a tellement séduit Michael Eisner, ancien PDG de la Walt Disney Company, que ce dernier a demandé à le voir décliné le plus possible à travers les périodes et les parcs, de Holiday Wishes pour Noël en Floride à Remember… Dreams Come True, le feu d’artifices du 50e anniversaire de Disneyland en Californie.
C’est fort de ce succès que Wishes est arrivé à Disneyland Resort Paris il y a deux ans, dans une version unique, ajoutant aux effets pyrotechniques les projections d’images sur le Château de la Belle au Bois Dormant. Et c’est ainsi le show director Christophe Leclercq (le créateur de la magique Bougillumination) a mis ses pas dans ceux de l’imagénieur Steve Davison, concepteur du show original, pour concevoir le Wishes français qui illumine pour la troisième année consécutive le ciel du parc Disneyland, de concert avec les fameuses bougies qui ornent le Château de la Belle au Bois Dormant pour le 15e anniversaire du resort.

Pouvez-vous nous présenter le concept français de Wishes?
Pour moi, Wishes est avant tout un spectacle son et lumière. Je ne le considère pas comme un feu d’artifices traditionnel comme nous en avons produit auparavant. Wishes est le résultat du mariage de trois technologies différentes : de la projection d’images, du laser et de la pyrotechnie.

Commençons par l’élément le plus original de ce spectacle : la projection d’images.
C’était une grande première pour moi. J’ai donc fait appel à des consultants qui m’ont assuré que le Château de la Belle au Bois Dormant pouvait vraiment servir d’écran de projection, en dépit des couleurs et des dorures qui l’ornent depuis toujours. A partir de là, nous avons recherché les meilleures images possibles. Wishes est basé sur les vœux et les rêves de chacun, que l’on a au plus profond de son cœur. C’est la raison pour laquelle nous nous sommes tournés vers le film Pinocchio et que la Fée Bleue est devenue notre maîtresse de cérémonie, accompagnée de Jiminy Cricket, la conscience de Pinocchio, et un peu la nôtre...


Comment s’est déroulée la conception de ce programme visuel ?
Nous avons sélectionné une cinquantaine d’images que nous avons dû mettre dans un ordre bien précis très fortement inspiré par la musique. Pour moi qui suis un ancien danseur, il faut absolument que la musique sur laquelle je travaille me plaise, me rentre littéralement dans les tripes. C'est cela qui fait que j'imagine des chorégraphies. Pour Wishes, c'est comme si j'avais eu à créer un ballet de lumières dans le ciel. Et chaque détail m'inspire : une envolée de violon, un accent à la trompette, tout cela me fait vibrer, et j'y tiens beaucoup. Chaque détail de l’orchestre excite mon imagination, et dès que j’ai entendu la sublime partition de Gregory Smith, je me suis mis à visualiser des couleurs et des images. C'est ainsi, par exemple, qu'à chaque évocation, chantée ou musicale, du mot "wishes", vous avec une petite étoile qui s'envole dans le ciel...



Finalement, avec toutes ces images mises dans le bon ordre, nous avons fait des tests sur le Château et je me suis rendu compte à quel point c’était un formidable écran de projection : il prenait toutes les couleurs, toutes les images, et on a même réussi à le faire disparaître. C’est ainsi qu’au début du spectacle, nous projetons un écran noir sur lequel scintillent de petites étoiles, et là, les gens se disent : « mais où est passé le Château ? »



Comment se passe la projection ?
A la différence de ce qu’on a pu voir sur la façade d’It’s A Small World en Californie durant le feu d’artifices du 50e anniversaire du parc d’Anaheim, nos images sont fixes. Cependant, nous avons rajouté quatre projecteurs, qu’on appelle des lyres, et à partir desquels nous avons fait des animations d’images. Les grandes images fixes sont émises par quatre projecteurs TP6 situés au centre du parc. En fait, deux fois deux TP6 pour combler la hauteur du Château. C’est ainsi qu’en fait la Fée Bleue, par exemple, est coupée en deux, l’une en bas, l’autre en haut, avec un raccord d’une précision extrême entre les deux images. Les lyres sont quant à elles positionnées sur deux sites différents. Elles peuvent tourner dans tous les sens et ainsi ajouter cette impression de mouvement sur le Château. Ajoutez le laser, et l’illusion d’animation est saisissante !


Justement, comment avez-vous procédé pour le laser ?
Je dois avouer que je n’étais pas trop partant au départ pour utiliser cette technologie car j’avais d’elle une image à la fois ancienne -puisqu’elle a maintenant plus de trente ans-, et futuriste dans l’esprit, ce qui ne semblait pas correspondre à l’histoire que nous voulions raconter pour Wishes. La question qui se posait à moi était : « comment rendre ce laser magique ? ». Là encore, j’ai fait appel à un consultant, qui a été vraiment emballé par le concept et qui a fait un travail d’une précision extrême sur le tir du laser à partir des orientations que je lui ai données. Par exemple, au moment où la Fée Bleue apparaît avec sa baguette magique, je lui ai dit que j’aurais aimé un scintillement sur cette baguette. Or, il a fait mieux encore : dans la nuit étoilée, il a réalisé une myriade de petits points, comme une tornade, qui vont ensuite se rassembler en un point lumineux précédant l’arrivée de la Fée. Et à chaque intervention du laser, nous trouvions sans cesse de nouvelles idées passionnantes pour faire de ce spectacle quelque chose de vraiment magique et féérique, quelque chose que nous n’avions jamais fait sur le parc Disneyland.

Venons-en maintenant à la pyrotechnie.
Comme pour les images, c’est la musique qui a nourri mon inspiration. J’avais un pyrotechnicien avec moi, qui m’a proposé différents produits en fonction des effets que j’imaginais, des bombes de couleur, des crépitants argent, des crépitant dorés, des flamèches, etc, et ensemble nous avons composé tout un plan de tir. Nous étions tous les deux devant l’ordinateur avec un protools et j’appuyais sur une touche à chaque top qui me semblait correspondre à la musique, en lui indiquant l’endroit d’où je voulais que la bombe soit tirée, du Château ou sur les côtés. A partir de là, il a réalisé son propre timing puisque les fusée doivent être déclenchées plus tôt afin d’avoir l’explosion au bon moment, en parfaite synchronisation avec la musique.

Comment se répartissent les installations ?
Pour Wishes, nous avons installé de nouveaux pas de tir sur les toits de l’attraction Les Voyages de Pinocchio et de La Confiserie des Trois Fées. Cela a été rendu nécessaire par la complexité de ce spectacle, fort de ses 650 tops pyro, ce qui énorme. Le tout est géré par ordinateur et demande chaque jour un énorme travail de branchement sur les toits pour six personnes pendant cinq heures. J’en ai parlé encore dernièrement avec un pyrotechnicien qui m’a dit que c’était vraiment unique en France

Puis vient le moment d’associer les trois technologies…
J’avais un peu peur que l’une prenne le pas sur l’autre, mais le fait est que l’ensemble a fait preuve d’un bel équilibre, pour notre plus grand plaisir.

Est-ce que vous avez pu présenter votre spectacle à Steve Davison, le créateur du Wishes original ?
En effet, Steve est venu ici à Paris pour découvrir le concept français de son spectacle et je peux vous dire qu’il l’a tout de suite apprécié. Il nous a également fait quelques suggestions, quelques bombes qu’il aurait aimé voir et, main dans la main, nous sommes arrivés au résultat que vous connaissez maintenant.

Wishes contient, depuis l’origine, beaucoup de dialogues. Comment s’est passée l’adaptation française ?
Plus qu’une adaptation, je dirais que j’en ai fait une interprétation personnelle avec des mots faciles à comprendre pour que notre histoire puisse être comprise et appréciée par tous nos visiteurs, petits et grands.

Le Wishes de Disneyland Resort Paris propose également un nouveau montage de la musique originale. Comment avez-vous travaillé dans le sens avec Vasile Sirli, le directeur musical du parc?
Nous avons écouté ensemble la musique et nous avons fait des choix tant musicaux qu'artistiques en général : qu'est-ce que les visiteurs de Disneyland Resort Paris, venus des quatre coins de l'Europe vont pouvoir comprendre? Est-ce que telle musique est indispensable? Peut-on la supprimer? Peut-on faire tel ou tel enchaînement? Vasile m'explique aussi qu'il y a des impossibilités, notamment par rapport à l'enchaînement des tonalités ou des orchestrations. Ensuite, on travaille tout cela sur ProTools. Vasile est le garant de la qualité musicale finale. Avec Wishes, on se situe dans la grande tradition classique des musiques Disney, et il faut qu'en aucun cas cela accroche l'oreille. Et tout cela de telle sorte que cela forme une véritable histoire, avec une montée en puissance ininterrompue.

Le résultat est un spectacle à la fois éblouissant et émouvant.
Dès la première année, nous nous sommes rendus compte que Wishes touchait vraiment les gens. Certains n’arrivaient pas à décrocher, même après la fin du spectacle. Ils restaient à contempler le logo Wishes qui scintille sur la façade du Château. Et je dois dire que moi même, à chaque fois, je reste aussi sous le charme, émerveillé, comme retombé en enfance…



Un immense merci à Aurélie et Christophe pour ces instants magiques et inoubliables!
Photos (c) Disney et Christine Blanc - Avec nos plus tendres remerciements...

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