vendredi, mars 23, 2007

LE SORTILEGE DE CENDRILLON EN DVD : Entretien avec le compositeur Joel McNeely

« Il était une fois dans un pays lointain, un royaume paisible et prospère qui baignait dans le romantisme et les traditions
C’est par ces mots que s’ouvre Cendrillon, le chef d’œuvre de 1950, mais ils auraient pu tout aussi bien introduire Le Sortilège de Cendrillon, dont le romantisme n’a pas à souffrir de celui de son illustre aïeul.
Pour preuve, la musique du compositeur Joel McNeely (Peter Pan 2, Le Livre de la Jungle 2, Rox et Rouky 2), débordante de lyrisme, qui se présente comme un pont entre la grande tradition classique et la modernité d’une héroïne qu’on re-découvre avec bonheur.


Cher Joel, nous sommes ravis de vous retrouver sur Le Sortilège de Cendrillon !
Vous savez, cela s’inscrit dans une longue et heureuse collaboration avec Disney Toon Studios !

Pouvez-vous nous présenter les grandes lignes de votre partition ?
Cette musique fut l’occasion pour moi de renouer avec la musique classique que j’affectionnais dans ma jeunesse : Tchaïkovski, Prokofiev, Rachmaninov, etc. J’ai ainsi essayé de créer une partition qui sonne plus classique que moderne. Pour les moments héroïques avec le Prince, j’ai voulu également rendre hommage aux remarquables partitions de M. Korngold, le compositeur des plus grands films de l’Âge d’Or hollywoodien, dans les années 40. J’adore ce genre d’écriture ; on n’a guère l’occasion de faire sonner les cuivres de cette manière de nos jours ! Et pour les moments plus calmes entre Cendrillon et le Prince, j’ai créé un thème que j’ai appelé « le thème du véritable amour » (« true love theme »). Enfin, pour les moments de comédie, j’ai été plutôt influencé par Prokofiev.

Quelle fut votre attitude vis-à-vis de la musique du film original, composée par Oliver Wallace ?
En dehors de quelques citations évidentes, je n’ai pas fait de référence délibérée à l’original. En général, j’aime commencer à composer depuis mon propre point de vue. Il n’a jamais été question d’imiter une autre partition, d’autant plus que cela fait pas mal de temps que je n’ai pas vu Cendrillon.

Quelles furent les suggestions du réalisateur, Frank Nissen ?
Frank a beaucoup insisté sur la nature romantique de ce film, et a tenu à ce que cet aspect domine l’ensemble du Sortilège de Cendrillon. Il m’a également demandé de faire ressortir certains éléments différents de ce que l’animation représentait, de sorte que ma musique ne soit pas seulement une illustration, mais qu’elle soit vraiment complémentaire de l’image. Par exemple, quand Cendrillon et le Prince se touchent la main, il voulait que la musique rende clair le fait que quelque chose de spécial est en train de se dérouler, quelque chose qui n’arrive pas quand le Prince touche Anastasia.

Il s’est beaucoup impliqué lors des sessions d’enregistrement.
Absolument. Frank savait exactement ce qu’il voulait, et les aspects de l’image qu’il voulait que la musique renforce et développe. Mais la plupart du temps, il s’est préoccupé de l’aspect émotionnel. Je n’ai pas fait de démo à l’avance, ce qui fait que, le plus souvent, il a découvert la musique de son film lors de l’enregistrement. Certes, nous avions parlé de ses idées auparavant, et là, nous les avons améliorées, puis nous avons enregistré. Tout s’est passé sans problème.

Quelle fut votre approche de Cendrillon ?
Je l’ai traitée comme une héroïne forte, avec une personnalité très affirmée. Songez à la scène de la citrouille : Cendrillon est presque aussi forte qu’Indiana Jones !

La musique de cette séquence est vraiment impressionnante. Pouvez-vous nous en parler ?
L’idée était de faire en sorte que cette séquence se distingue du reste du film. J’ai donc choisi une texture orchestrale différente en faisant appel à des tambours géant japonais, les Taïkos, ainsi qu’à d’autres percussions ethniques et à une approche plus « action – aventure ». A un moment, certains ont eu peur que la musique fasse basculer le film du côté « live action » et que le résultat soit trop effrayant pour de jeunes enfants. Mais finalement, nous avons décidé que cela pouvait très bien passer tel quel.

Comment avez-vous utilisé les thèmes des chansons, composées par Michael Weiner et Alan Zachary ?
J’ai utilisé cette merveilleuse chanson At the Ball pour l’affrontement dans la cuisine, avec la nourriture. Puis j’ai cité le thème d’Anastasia assez souvent pour montrer le dilemme qui l’habite dans son désir de trouver un amour sincère.

Avez-vous travaillé directement avec eux ?
Oui. Nous avons également discuté avec Alan Silva, leur arrangeur, à propos de la façon d’intégrer les chansons dans la partition du point de vue dramatique, et j’ai dirigé l’orchestre pour tous les morceaux.


Quels sont les autres thèmes que vous avez composés ?
Il y a le thème de Lucifer, un peu dans le style de Pierre et le Loup. Quant au thème de la Belle-Mère, c’est une valse diabolique qui réapparaît chaque fois qu’il est question du sortilège.

Quelle est la taille de l’orchestre auquel vous avez fait appel ?
La plupart du temps, il s’agissait d’un orchestre d’une cinquantaine de musiciens, mais cela a pu grimper jusqu’à 74 pour les passages les plus importants.

Dans quelles conditios avez-vous composé cette magnifique partition ?
Une grande partie des musiques du fim ont été écrites durant mes vacances d’été, assis devant un superbe lac au Nord du Michigan. J’ai emporté le film sur mon ordinateur portable, du papier à musique, et j’ai tout simplement écrit mes idées tandis que mes enfants plongeaient dans le lac. La technologie peut parfois être libératrice !

Que pensez-vous du résultat final ?
Je trouve que le mixage final a été très favorable à la musique. Souvent, la partition se retrouve derrière un peu tout, les dialogues et les effets sonores. Mais là, on l’entend vraiment bien !

Qu’est-ce que vos enfants ont pensé du film ?
C’est vraiment formidable d’avoir une fille qui a l’âge idéal pour partager cela. La mienne a huit ans et elle a été présente tout au long du processus. Elle a adoré voir le film se mettre en place.

Vous avez signé la majeure partie des longs-métrages de Disney Toon Studios. Que représente pour vous cette collaboration ?
C’est un privilège de travailler avec les gens de DTS. Ils respectent vraiment la musique et les vrais musiciens, et ce sont de merveilleux collaborateurs. J’ai vraiment été très heureux d’avoir fait tout ce chemin avec eux !

Maintenant que la production de suites Disney diminue drastiquement, vers quoi souhaiteriez-vous vous orienter ?
Peu m’importe. Ce qui compte pour moi, c’est de continuer à faire ce que j’aime le plus au monde : écrire de la musique !

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